Three Days Road Joseph Boyden (le Chemin des Âmes)
Aussi prenant que The Orenda, parlant d'une autre guerre. Xavier Bird et Elijah Whiskyjack, deux jeunes trappeurs Cree s'engagent dans l'armée canadienne et se retrouvent au front, en 1916 en Belgique. De part leur expérience et endurance, ils se retrouvent vite scouts, snipers, à l'aise dans le no man's land entre leurs tranchées et celles des Allemands.
Une narration extrèmememt sophistiquée, avec les voix croisées de Xavier, revenu seul avec une jambe en moins et morphinomane, "la maladie du soldat" et de Niska, sa tante, shamane qui essaye de le sauver de lui-même, même si elle se sent impuissante comme guérisseuse à trouver un remède à une telle désespérance. Xavier décrit les horreurs des tranchées, Niska lui raconte sa vie passée pour qu'il se reconnecte avec son monde, sa forêt, sa rivière. Un contraste saisissant entre ces paysages dévastés de la Somme où plus rien ne pousse et la nature luxuriante du Nord de l'Ontario.
Xavier est un homme blessé à plus d'un titre, surtout qu'il revient sans Elijah, disparu dans ce maelstrom de sang et de boue. Elijah le petit frère, celui qui l'a engagé dans cette guerre impossible, quand ils sont devenus soldats de l'armée canadienne. Qui devient le premier à gouter la morphine, et surtout à gouter à la mort. Les Cree ont une peur panique de ce qu'ils appellent Windicot, les humains qui se transforment en monstre quand ils ont gouté la chair humaine. Et c'est bien ce que devient Elijah qui prend trop de plaisir à tuer. Il n'est jamais assez rassasié. Ce soubresaut de l'arme, cette fleur rose qui s'épanouit dans son viseur quand le crâne explose. Sharpshooter.
Mémoires d'un autre temps à travers les récits de Niska, sa tante qui le recueille à son arrivée, qui se souvient encore quand les pasteurs blancs kidnappaient les enfants Cree ou Obijew pour leur couper les cheveux et leur apprendre un vrai langage et la peur de Dieu, ou encore emprisonnaient son père jusqu'à le tuer par manque de liberté. Une haine durable, comme une vibration qu'elle émet de tout son être.
Tout deux dans un canoé, le neveu affalé qui n'arrive pas vraiment à dire ce qu'il a vécu parce que c'est tellement différent, tellement lointain de ce qu'elle a pu connaitre, ces milliers d'hommes qui meurent chaque jour pour une cause que personne ne comprend, sinon pour la haine de l'ennemi. Un récit poignant où ces deux chasseurs lâché dans un monde qui leur est totalement étranger sont capables de prouesses spectaculaires comme snipers, stalkers, assassins. Chasse ouverte et les choses dérapent quand Eliah commence à prendre les scalps de ses victimes...
C'est le premier roman de Joseph Boyden, le plus impressionnant, même si j'ai déjà parlé de The Orenda (Dans le Grand Cercle du Monde). On n'en ressort pas intact, ne serait-ce que la description d'une tuerie sans objet pour des chasseurs-cueilleurs habitués à ne tuer que ce qu'ils peuvent manger, qui se

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