Inherent Vice Thomas Pynchon
Cette deuxième lecture vient après avoir vu le film de Thomas Paul Anderson et si je l'avais trouvé aussi bon, c'est bien parce qu'il suit à la lettre le récitatif et les dialogues de Pynchon. Qui s'est fait plaisir dans celui-là. Vient après Vineland (qu'Anderson a aussi dirigé, un admirateur), toujours cote ouest, L.A. qui vient de découvrir Charles Manson et les Vigilentes de Nixon. Comme un roman de Chandler revisité Freaks Brothers. Le détective privé, Larry "Doc" Sportello, consomme un peu trop de drogues pour sa santé mentale, d'autant qu'il est pris dans un imbroglio où il question de kidnapping, lavage de cerveau, conspiration, sans parler d'un holding asiatique qui inonde le pays d'héroïne, du FBI qui sert sa propre soupe et de "Bigfoot" Johnsen, un flic avec lequel il entretient des rapports déroutants et percutant (pour tous les deux).
toute cette histoire a de quoi rendre le plus insouciant paranoïaque, et Pynchon est sans conteste un maitre sur le sujet. Une dialectique qu'il maitrise à la perfection, même si on aime ces envolées lyriques sur ce voilier pris dans un mauvais karma ou les relations amoureuses d'un homme qui ne sait plus à qui ni à quoi se fier. Un régal d'inventivité. Marlowe drogué jusqu'au yeux qui trouve la solution quand il a cessé de la chercher - ou qu'il l'a oubliée.
Comme je dis, il s'est vraiment fait plaisir à l'écrire et j'imagine que cette ambiance particulière à Gordita Beach ne lui était pas étrangère. Quand il restait encore un fond d'insouciance malgré les orages qui s'accumulaient, que les surfeurs n'avaient pas de questions existencielles plus pressantes que quels ingrédients mettre dans leur prochaine pizza. Mais ça reste du Pynchon, donc qualité extra, un air de yukulélé et deux tranches d'ananas sur la pizza. La grande classe.
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