Confieso que he vivido Pablo Neruda (J'avoue que j'ai vécu)
- Managua est la ville où on trouve les livres qu’on ne cherche pas. Dans les quartiers dévastés par le tremblement de terre de 72 et laissés à l’abandon depuis, se construit maintenant “Nuevo Managua”, ambitieux projet immobilier de grands hôtels, centres commerciaux, banques et casinos. II y a un “mall” à l’américaine dans lequel nous allons manger pour gagner du temps. Je hais ce genre d’endroit, et plus encore au Nicaragua. Quand on y entre, on se demande avec lassitude à quoi a servi la révolution. Tous ces morts, toutes ces souffrances pour aboutir à ça ?
Au sous-sol, à l’entrée des parkings, il y a un stand de bouquiniste. A l’extérieur, dans la fumée des pots d’échappement. C’est d’ailleurs le seul commerçant de tout le batiment qui vende des livres. C’est là que j’ai rencontré Pablo Neruda. Confieso que he vivido.
Ce que je veux dire par là, c’est que dans le sous-sol de merde de ce centre commercial de merde dont en plus je ne voulais rien savoir, j’ai trouvé un trésor. Un livre qui, quand on l’ouvre, vous remplit d’allégresse. Qui vous entraine dans son souffle, qui vous redonne foi en la vie. Exactement comme une de ces lampes d’Aladdin qu’il suffit de frotter. Là, il suffit de lire...
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