Gagner la Guerre Jean-Philippe Jaworsky
Lecture de Jaworsky Un curieux mélange où je vois maintenant apparaitre des sorciers et des elfes, comme si l'arrière-pays était plus riche que la capitale. Gagner la Guerre. Conseillé, ou plutôt mis en parallèle par le libraire du quartier avec la Horde du Contrevent qui m'avait scotché. Pas aussi bon, mais on est quand même happé dès les premières pages par cette bataille navale et ce qui s'en suit. Un mélange étonnant entre la Renaissance italienne (la capitale et son ordre social ressemble beaucoup à la Venise de l'époque), un univers de fantasy et, curieusement, un jargon qui ressemble beaucoup à de l'argot lyonnais. Avec en plus une façon d'apostropher le lecteur qui me rappelle un autre lyonnais, Frédéric Dard. Oui, lire ce roman m'a fait penser à San-Antonio ! Même si pas aussi inventif au niveau vocabulaire (qui pourrait l'être ?) Par exemple la Guilde des Chuchoteurs, un syndicat d'assassins dont fait partie le narrateur, ne communique qu'en argot.
Le personnage est lui-même parfaitement détestable. Prompt à la colère, raciste, misogyne, monnayable, en plus d'un coté masochiste à se mettre dans les pires situations possibles. Donc des péripéties en pagaille, le héros étant de sac et de corde, le poignard affuté et le verbe leste. Aucune moralité d'aucune sorte, un cynisme bien servi par des analyses politiques, je dois dire, plus que pertinentes. Probablement la meilleure part, tout ce qui ressort des manipulations entre politique et religion est vraiment d'un haut niveau, m'a même fait penser à Herbert.
Une lecture plaisante, même s'il y a des longueurs. J'avoue qu'il m'est arrivé de skipper quelques paragraphes. Le truc fait quand même presque mille pages et quelques descriptions mériteraient une meilleure concision.
Mais c'est affaire de gout. C'est bien écrit et on se laisse facilement entrainer. Don Benvenuto, le spadassin au passé incertain et à l'avenir fumeux. La gueule de travers et une envie de bouffer le monde qui tient autant de la vengeance que de la cupidité. Je dirais, au moins un personnage nouveau parmi tous les stéréotypes dont la littérature est affublée. Même, ou surtout, s'il est parfaitement détestable. Cette perfection même.
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