A Thief of Time Tony Hillerman (Un Voleur de Temps)
Un de ses meilleurs romans, avec Le légendaire lieutenant Joe Leaphorn et le sergent Jim Chee, tous deux de la police tribale navajo. L'un poursuit le vol d'un excavateur, l'autre une anthropologue disparue et ils se retrouvent quand les pistes coincident et ramènent à une histoire sordide vieille de plus de vingt ans. Là-dessus flottent l'ombre inquiétante de Kokopelli, le joueur de flute, ainsi que les chindis, les âmes de tous ces morts dérangés dans leur sépulture par ces Thief of Time, ces Voleurs de Temps, pilleurs de tombes. Mais aussi les rivalités entre les chercheurs belagana qui fouillent les ruines Anasazis, d'autres pilleurs de tombes, mais cette fois du coté légal. Tomb Raiders.
Les romans de Hillerman ont tous cette même qualité d'une recherche sur la mythologie Navajo ou Hopi, l'interlaçant avec une intrigue policière contemporaine. Un peu comme ceux de Fred Vargas, mêlant contes et légendes à une semblable intrigue. S'y ajoute les relents racistes inévitables, les a priori des uns et des autres, qu'ils soient Belagana (Blancs dans le langage navajo) ou Indiens (Navajos dans le langage blanc). Hillerman manie le tout très bien (lui-même blanc s'il faut le préciser) avec un clair penchant pour la culture navajo et un plaisir certain à décrire ces paysages tourmentés qu'on trouve dans le Dineh, cette réserve navajo prise entre Utah et New Mexico.
Quand j'étais aux USA, j'ai fait le détour pour aller dormir à Gallup et prendre un bus pour Window Rock, tellement ces romans m'avaient fasciné. Un endroit aussi ennuyeux que dans les descriptions qu'il en faisait, mais j'ai eu ma récompense. J'attendais le bus pour me ramener à Gallup quand je l'ai vu arriver. Une vieille navajo qui avançait en chaloupant, un adorable petit tonneau, une mamouschka. Ayant tous les Hillerman en tête, je lui ai dit :
- Ya Ta Hey, grandmother.
- Ya Ta Hey, grandson.
Magique. Je me suis retrouvé projeté dans un roman où, quand je buvais un café insipide dans ce restaurant, j'avais certainement raté de peu le légendaire lieutenant Joe Leaphorn, de la police tribale navajo. (En plus je l'avais bien dit, j'étais fièr !)

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