A Streetcar named Desire Tennessee Williams (un Tramway nommé Désir)


 

 

 

Lecture de Tennessee Williams. Je suis toujours aussi admiratif. Un fabuleux portraitiste et un fin limier de la psyché, la sienne et celle des autres. Il serait presque nietzschéen s'il n'avait pour lui-même une telle complaisance, en plus d'un background chrétien dont il a bien du mal à se défaire. Il a du moins cette même implacable lucidité, et la façon dont il l'habille est à la base de son art. Me fait penser à Proust. Il connait tous les moteurs de la séduction, toutes les envies, tous les besoins, toutes les jalousies. Cette précision dans les méandres du désir ! 

Freud est depuis passé par là, Tennessee est un révolté qui veut qu'on l'accepte comme il est, alors que Proust cache ses désirs derrière les mots. Relire Tenessee Williams est un plaisir inespéré, surtout maintenant, plus de vingt ans après avoir quitté la Nouvelle Orléans. Bien plus qu'une simple reminiscence. Blanche Dubois et Kowalski, Cat on a Hot Tin Roof, on connait surtout son oeuvre pour le théatre ou comme scénariste pour Hollywood - une période particulièrement malheureuse et frustrante de sa vie. Pour moi il est d'abord un fantastique novelliste. One Arm, Something about Him, the Night of the Iguana... Un peintre cru, sans concessions, amoureux de ses propres défaillances, de ses abysses comme de ses catharsis. Héliogabale. Un écrivain solaire, comme Edward Hopper était un peintre solaire, avec cette même fascination pour les ombres portées et les éclairages sans pitié.


 

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