Le Cousin Pons Honoré de Balzac

 


Une étude au vitriol de la bourgeoisie de l'époque. Le cousin pauvre que la famille reçoit une fois par semaine à déjeuner, comme on ferait une bonne oeuvre, ou par soucis de considération, le curé, le voisinage, n'est-ce pas. Or, il se trouve que, dans sa jeunesse tumultueuse, ce besogneux avait fréquenté des peintres, des artistes, dont certains étaient devenus célèbres depuis et les croutes qu'il avait acceptées contre un repas ou quelques pièces trente ans plus tôt étaient devenus des oeuvres recherchées et c'est là où Balzac sort vraiment le couteau. Le scalpel. Je ne sais pourquoi on persiste à considérer Flaubert comme étant le meilleur critique de la bourgeoisie de l'époque. Balzac est bien plus incisif, bien plus méchant.

Le jour où la famille s'aperçoit que ce vieux bonhomme en redingote étriquée est riche de millions dont il ne sait rien, c'est la curée. On commence par le cajoler, on finit par le torturer. Pas besoin d'en dire plus, je laisse au lecteur le soin de dérouler par lui-même la logique de la cupidité. Un des romans de Balzac qui m'a le plus marqué (Avec La Cousine Bethe, qui parle aussi d'abus familiaux. Ou encore Le Contrat de Mariage, là encore une merveille de précision sur les mécanismes de la cupidité) par cette logique sans faille où ses cousins, ses neveux, s'appliquent avec méthode à le dépouiller jusqu'au dernier écu. Du grand art. Et tant d'exemples autour de nous pour en vérifier la pertinence. Balzac est grand, qu'on se le dise.




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