Dalva Jim Harrison


    Je relis Dalva, qui est avec Wolf, décidemment le plus beau livre de Jim Harrison. La pleine maturité d'un écrivain qui égrène sensations et pensées, souvenirs et Histoire, sentiments et regrets à travers le portrait d'une femme qu'on rêve tous de rencontrer, tant pour sa beauté que pour sa liberté. Quelle image de la femme maintenant aux USA ! Ne serais pas étonné d'apprendre qu'il est banni des bibliothèques chez les Républicains. Une sang-mêlé, en plus ?
    Il en a fait une saga américaine, la grande tragédie, la Nakba des Sioux et ce qui en résulte plus d'un siècle plus tard. Wounded Knee n'a jamais été guéri. Pourtant leur sang est resté, comme Duane Stone Horse dont Dalva tombe amoureuse. Ainsi qu'une part de leur culture, même si elle est visitée par un prof d'Histoire alcolo qui ne sait plus trop qui il est quand il se retrouve dans le Nebraska à parler à des oies. Il lit les écrits du premier Northridge, prédicateur défroqué, qui décrit dans ses journaux le crépuscule des Sioux et la douleur que cela lui cause.
    Portraits de femmes, aussi, surtout. Rachel, Noémi, Ruth, Frieda, même Karen. Il arrive à toutes les rendent aimables, dans le sens premier du terme. Je crois que c'est ce que j'apprécie le plus dans ce livre : le regard qu'il a, cette tendresse et cet amour irraisonné pour la femme de la part d'un auteur qui peut être terriblement cynique quand ça lui prend. Différentes déclinaisons pour un bel hommage à la femme, à la féminité, une autre raison pour l'éjecter des bibliothèques, cette fois-ci du coté woke, pour sexisme. Personnellement, je veux bien que Dalva devienne un livre à l'Index, on ne l'en lira que plus.


 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Malicroix Henri Bosco

Shadow Ticket Thomas Pynchon

Poisonwood Bible Barbara Kingsolver (des Yeux dans les Arbres)