Against the Day Thomas Pynchon (A Contre-Jour)
Il convient d’insister sur le fait que la lecture de ce roman est une expérience littéraire unique. Et en tant que telle, c’est quelque chose qui se prépare.
D’un point de vue structurel et musical, on ne rentre pas dans l’univers de Pynchon comme on ouvre un polard un jour de désoeuvrement. Comme pour la musique de Frank Zappa (avec laquelle il y a effectivement des affinités structurelles), un apprentissage est nécessaire. Et de la même manière qu’il vaut mieux lire Dedalus avant de s’attaquer à l’Ulysse de Joyce, il vaut mieux lire Crying of the Lot 49, ou au moins Slow-Learner avant de lire Gravity’s Rainbow ou Against the Day. Ce n’est pas tant une approche qualitative que la nécessité d’intégrer certains schémas de pensée si on veut véritablement jouir d’une telle lecture.
Et parlant de jouissance, j’ai réfléchi à ce qu’en pourraient être les circonstances, la mise en situation, optimales. Le lecture d'un livre de mille pages est quelque chose qui demande une réflexion préalable sur la manière de le lire, quand et comment, sinon pourquoi.
Je suggère Paris-Vladivostock par le Transsibérien, et retour, en faisant une halte technique à Beijin. Ou alors un passage sur un cargo en route pour l’autre bout du monde. Ou encore cette cabane en forêt, cet hiver trappeur, neige et feu de bois, dont on rêve depuis si longtemps. Un roman est un voyage, un voyage est un roman. Celui-ci mérite un long, long détour, de préférence dans des contrées dont vous n’avez jamais entendu parler.

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